Cela fait bientôt 2 ans que Wilfried, a quitté sa ville de Monthey pour poursuivre ses études supérieures. C’est à la faculté de Droit de l’université de Fribourg que le jeune Camerounais de 21 ans a posé ses valises. Afrique Opinion s’est intéressé à son riche parcours scolaire, dont il nous dévoile un pan, dans cet entretien qu’il nous a accordé.


Comment pourriez-vous nous parler de vous?

Je suis Wilfried Boundel, j’ai 2 1 ans, je suis étudiant à l’université de Fribourg en faculté de droit. Je réside principalement à Monthey. La semaine du Lundi au Vendredi je suis à l’université et le weekend à Monthey. Depuis quelques années maintenant. J’ai effectué ma scolarité à Monthey et à St-Maurice. (Ndlr: primaire et secondaire) et après ma maturité (Ndlr: baccalauréat) je suis parti à Fribourg.

 

C’est pour vous un bon parcours que vous avez effectué?

Un bon parcours… pour le moment ça se passe bien. Ce n’est que le début. Les études universitaires sont différentes de celles du secondaire. Le travail et les efforts à fournir aussi. L’univers est tout à fait nouveau et il faut s’adapter.

 

Que savez-vous du système éducatif valaisan, puisque vous avez fait entre autre vos études secondaires au collège de St-Maurice ?

Pour les gens qui ne le savent pas il est important de noter qu’en Suisse il n’y a pas de système éducatif unique. Chaque canton définit sa politique éducative. En Valais il y a 3 niveaux d’éducation : primaire, secondaire et tertiaire. Les cantons et les communes gèrent l’éducation au niveau primaire et secondaire. La gestion des études universitaires ou tertiaires ainsi que la gestion des écoles de formation professionnelle incombe à la Confé- dération et aux cantons. En Valais au niveau primaire, il y a 6 années d’études. A la fin, l’élève va au cycle d’orientation qui dure en général 3 années. Après la deuxième année, si l’étudiant a de bonnes notes, il peut directement aller au collège et y ef- fectuer ses 5 années afin d’obtenir la maturité.

 

Et pour ceux qui ne vont pas directement au collège après la deuxième année d’orientation, que font-ils ?

Ceux-là finissent les 3 années du cycle d’orientation et obtiennent le diplôme de scolarité obligatoire. Après ça, il y a 3 options qui se pré- sentent : le collège qui dure comme dit plus haut, 5 années, l’apprentissage qui dure en général de 3 à 4 ans et l’école de commerce ou de culture générale qui dure 3 années après quoi les étudiants peuvent décrocher une maturité et intégrer une haute école spécialisée.

 

Qu’est-ce qui vous a marqué le plus lors de votre passage au collège de l’Abbaye de St-Maurice, quel souvenir avez-vous de votre passage là-bas ?

Mon plus grand souvenir c’était en dehors de l’école, lors d’un tournoi de football inter-collège en première année. J’étais tout nouveau et j’avais marqué le but victorieux en finale. Je m’en souviens encore! j’étais ren- tré dans la partie et deux minutes après j’avais marqué ce but, comme un héros. C’était sympa, une superbe journée. Sinon à part ça, c’était 5 années assez géniales dans le sens que je me suis fait de bons amis. L’ambiance au collège était assez bonne. A cette époque on avait dans le collège à peu près 1000 étudiants et au fil du temps on se connaissait presque tous. En dehors des études, vers le mois d’avril ou mai, les étu- diants organisent une journée qu’on appelle la «non-stop », où des activi- tés sportives et des jeux sont organi- sés dans la matinée. L’après-midi il y a un spectacle où les étudiants paro- dient un peu leur vie. Ce qui fait que cette journée «non-stop» est un peu chaque année comme l’événement tant attendu.

 

Étant jeune étudiant africain au collège de l’Abbaye de St-Maurice en Valais, dans un milieu européen, quels ont été tes rapports avec tes camarades et le corps enseignant ?

Personnellement je n’ai pas eu de soucis en tant que jeune étudiant afri- cain dans ce milieu européen. Bien sûr, je n’étais pas le seul étudiant africain là-bas, on n’était pas non plus nombreux et personnellement je n’ai pas eu de problème avec mes enseignants. Toutefois, il ne faut pas faire d’amalgame. Le collège St-Mau- rice est très strict dans le travail et la discipline en ce sens que si tu reçois par exemple des reproches, ce n’est pas toujours à cause de ta couleur de peau. C’est parce que tu ne fournis peut-être pas le travail nécessaire. Par rapport à ça, je suis assez content de cette expérience.

 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune africain qui aimerait suivre vos pas ?

Je lui conseillerais de toujours essayer de s’intégrer en participant aux activi- tés extra-scolaires par exemple, étant donné que vous ne partagez pas tou- jours les mêmes centres d’intérêt mais vous allez passer pas mal de temps ensemble. Vous allez passer au moins 5 ans ensemble au collège et peut-être plus tard aussi à l ́université. En géné- ral ce sont des jeunes comme vous. C ́est assez facile de se retrouver au tour de quelque chose. Et aussi les Valaisans, ils aiment bien faire la fête. Je me souviens en mon temps, il y avait beaucoup de soirées qu’on organisait ce qui me permettait de créer de vrais liens avec des gens. Donc, oui on est Noir, oui on est en minorité, mais je pense qu’on devrait chercher à mon- trer qu’on est là de manière positive bien sûr par rapport aux études, et dans nos relations avec les gens. Sur- tout on devrait s’entraider. C’est aussi pour ça qu’on a fait cette interview. A l’attention des jeunes africains qui sont à l’école ou au collège: essayez d’aller aussi vers les autres africains, de discuter, d’échanger, de savoir s’ils ont des soucis par rapport aux cours et de vous entraider.