Créée en 2003 à l’initiative de 5 copains dont Chloé Vulliez et Eléonore Laveau toujours adhérentes, l’association Nyamaguè fait de la danse africaine, sa principale activité. Marie Jaillet la présidente depuis juin 2018, nous en parle dans cet entretien au style décontracté.

Epiphane AMANFO : A quoi fait référence le nom de votre association – Nyamaguè – et pouvez-vous nous retracer son histoire ?

Marie JAILLET : Ce nom est issu d’un dialecte burkinabé qui signifie ambiance. A l’origine, il y avait 5 amis passionnés de danse, qui, après la fermeture de leur association à Marin – près d’Evian – ont voulu poursuivre leur aventure en créant la leur. A l’époque ils étaient accompagnés de danseurs et percussionnistes du Burkina-Faso, d’où le choix de Nyamaguè.

Parmi la pléthore de danses, pourquoi spécialement la danse africaine ?

Cela s’est fait naturellement pour la bande des 5 qui faisaient de la danse africaine depuis longtemps. Il y a eu toutefois le choix de faire du coupé-décalé car c’est relativement accessible, que l’on soit danseur débutant ou aguerri. C’est également une danse intéressante étant la fusion de différents rythmes aussi bien traditionnels que contemporains, à l’image du hip-hop et du ragga. Ainsi ça donne un mélange chorégraphique hyper dynamique et qui ne nécessite pas forcément un niveau extrêmement exigeant.

Sur quoi se concentrent principalement vos activités ?

Au cours de l’année, nous proposons essentiellement des cours de coupé-décalé les mercredis soirs avec Eléonore notre professeure. Il y a aussi 3 stages par an. C’est l’occasion de mettre à l’honneur un danseur différent venu d’un pays d’Afrique, pour nous faire découvrir des danses traditionnelles. Les 17 et 27 avril, respectivement Kèlè Kam de Côte d’Ivoire et Mohamed Kouyaté de Guinée animeront 2 stages.

Sur le plan du financement, comment cela se passe ?

Il repose essentiellement sur les cotisations de nos adhérents. Nous en avons 35 cette année. Nous comptons aussi sur l’apport de la mairie de Neuvecelle de qui nous dépendons.

Prônez-vous l’échange culturel avec des associations voisines ou d’ailleurs en Afrique ?

On essaye de nouer des partenariats avec certaines associations d’ici lors de nos fêtes ou soirées comme celle qui se tient chaque année au mois de janvier. Cela se traduit par des démonstrations de danse.

Y-a-t-il des africains qui participent à vos cours ou stages ?

Non ! Je ne sais pas pourquoi. Nous avons sûrement besoin de nous faire connaître. Peut-être que la communauté africaine à Neuvecelle n’est pas assez développée contrairement à celle de Thonon. J’avoue que ça manque sûrement énormément.

Auriez-vous un sujet que nous n’avions pas abordé, dont vous souhaiteriez nous faire partager ?

Ce qui nous tient principalement à cœur, c’est de montrer des visages différents de la danse africaine. Nous sommes dans un monde où tout bouge tellement vite et toutes nos cultures se rencontrent. On assiste à des phénomènes de fusion au sein de la danse, qu’elle soit africaine ou autre. Je trouve notre association intéressante de danser du coupé-décalé, mais aussi de revenir aux fondamentaux. On réfléchit à d’autres perspectives artistiques comme le chant, la percussion, etc. Nouer un partenariat avec FAR’AFRIKA de Thonon.

Entretien réalisé par Epiphane Amanfo