Quand le cœur est rempli par la passion, les oreilles sont fermées aux conseils. Notre invité incarne parfaitement  cet adage espagnol, qui l’avait animé et guidé depuis son enfance. Aussi, il ne s’est jamais laissé submerger par les conseils d’abandon à son rêve d’enfance, celui de pratiquer le football professionnel. Le milieu de terrain du Neuchâtel Xamax FCS, Freddy Mveng, nous a fait l’amitié de répondre à nos questions.

Qui est Freddy Mveng ?

Ce n’est que moi (Rires), je suis Camerounais, arrivé en Suisse à l’âge de 5 ans avec ma mère dans un premier temps et  par la suite, le reste de la famille nous a rejoints. Alors cela fait 22 années que j’y suis.

Vous êtes arrivé dès votre tendre enfance. Comment  en êtes-vous parvenu  au football professionnel, est-ce une passion depuis longtemps ? 

Oui j’ai commencé la structure professionnelle depuis mes 6 -7 ans déjà à Lausanne sport. C’était une structure à laquelle j’avais eu la chance d’intégrer à cet âge-là, ce qui était très tôt d’ailleurs. Par la suite, ce qui m’avait le plus passionné, c’était le fait que  je faisais sport et étude, car là -bas ils avaient mis en place un règlement stipulant que lorsque tu n’avais pas une bonne base à l’école, alors il serait impossible de faire du football. Alors j’ai dû m’atteler à faire les deux et cela a donné quelque chose de très concluant.

Vous venez de signer à Neuchâtel Xamax FCS, votre nouveau club. Comment avez-vous été accueilli et quelles sont vos premières impressions ?

J´ai été bien accueilli, ce sont des gens que je connais depuis des années. C´est vraiment une très bonne équipe même si l´année passée elle a eu quelques difficultés. Mais j´espère que cette année on pourra faire quelque chose de bon avec cette équipe.

Lors de votre toute première prestation contre le FC Thoune, vous êtes entré à la 66ème minute. Comment avez-vous géré cette entrée ?

C´était une entrée difficile sachant qu´on était déjà réduit à 10 et même après mon entrée, encore réduit à 9; donc c´était pas les meilleurs débuts. Après, on a quand même réussi à tenir le choc et à prendre un point. Donc je suis fier de la prestation de l´équipe.

Vous jouez au milieu du terrain, est-ce que cela demande plus de pression par rapport aux autres postes ?

Non pas du tout. Vous savez, une fois sur le terrain et qu’on joue 20 à 30 minutes, on ne fait plus attention à tout ce qui est  autour. Ça arrive oui peut-être en début de match, mais après la pression n’existe plus.

Dans quel état d’esprit vous trouvez vous si par exemple Freddy est désigné pour tirer un pénalty ?

C’est compliqué mais une fois que l’action est là, on n’a pas le choix de beaucoup réfléchir puisqu’on n’a pas le temps de le faire, sinon autant pratiquer un autre sport.

Vous êtes un père de famille ?

Oui j’ai une petite fille de 7 mois et là j’attends un petit garçon au mois de décembre(Rires).

Que conseillez-vous à cette génération, sachant qu’il y a beaucoup de jeunes issus de l’immigration qui vous suivent et souhaiteraient suivre le même chemin que vous ?

Je leur demande de ne jamais lâcher même si c’est difficile. Et si j’avais écouté toutes les personnes qui m’avaient dit que je n’y arriverais pas, je n’aurais jamais pratiqué le football professionnel. Le plus important c’est de croire en ses rêves, pas forcément dans le domaine du football, ça peut être aussi la musique ou la dance. Il faut toujours essayer le challenge, si tu as une passion, il faut la vivre et si ça ne passe pas, tu essaies autre chose; sinon ce sont de regrets pour toute la vie.

Ainsi donc se referme cet entretien, merci de votre fidélité et à très bientôt dans nos prochaines éditions d’Afrique opinion.

Merci

Propos recueillis par Sourou Adada HAZOUME