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Société

Dans l’intimité de Durand Goulwen

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« Je pense que c´est plus sur la personne que sur l´origine de la personne que je jugerais. Qu´elle soit africaine, européenne ou asiatique, il y a des gens bien partout. Ce qui est important pour moi c´est la manière de se comporter » 

Jeune pâtissier originaire de la Bretagne en France, Durand Goulwen traverse la frontière tous les jours de la petite localité de Locum en France pour Lausanne en Suisse, où il vient échanger son expérience et son talent pour en retour gagner sa vie. Votre magazine est allé vers ce fan des motos pour recueillir quelques mots sur son métier, ses rapports avec les Suisses et la communauté africaine qu´il côtoie et ses trajets journaliers. Lisez plutôt.

Durand bonjour et bienvenue sur Afrique Opinion. Pouvez-vous nous parler de vous s´il vous plaît ?

Je m´appelle Durand Goulwen, je suis originaire de Bretagne en France. Je suis arrivé dans la région lémanique il y a à peu près 8 ans de par mon métier à faire les saisons. Avant la Suisse j´étais passé par l´Angleterre, par plusieurs endroits en France donc la Corse et de fil en aiguille je suis revenu en Suisse.

Vous habitez Locum en France….

Oui à la base je vivais en Suisse, suite à une offre sur Vouvry plus précisément à l´auberge de Vouvry, j´ai compris qu´on était à 15 minutes de la frontière française et alors je me suis dit autant jouer sur les deux côtés et aller me réinstaller en France.

Vous traversez la frontière chaque jour, n´est-ce pas pénible avec les différents contrôles douaniers que vous pouvez avoir, surtout lorsqu´on va de France à la Suisse ? Et si contrôle il y a, cela n´affecterait-il pas votre journée de travail ?

Alors pas du tout. Déjà je suis en horaire particulier étant donné que je travaille en cuisine. Mes horaires ne sont donc pas en horaire pendulaire comme la plupart des frontaliers. Donc je n´ai pas ou quasiment pas de bouchons. Après les douaniers au bout du temps ils commencent à nous connaître. Les contrôles à part une ou deux par an, ils contrôlent quand même juste parce qu´il faut les faire de temps en temps, il n´y a aucun souci. Tout se fait toujours dans la bonne humeur.

Pouvez-vous nous raconter une journée de travail d´un pâtissier et aussi des rapports avec vos collègues pâtissiers ?

Les collègues pâtissiers je n´en ai pas depuis 3 ans que je suis dans ce restaurant. Je suis le seul à mon poste et je travaille avec les cuisiniers. Par contre on est très séparés, je n´ai pas spécialement de rapports hors mis aux pauses où on peut souvent échanger. Une journée de travail ça peut varier, je peux travailler en coupé principalement, donc arriver vers 9h-10h du matin au travail et repartir quand le client a terminé aux alentours de 15h-15h30. Je reprendrais vers 18h-18h30 pour terminer quand les derniers clients sont partis vers 22h30-minuit.

 

Un pâtissier il fait quoi exactement, des pains, des gâteaux…

Pour ma part je suis en dessert-assiettes. Donc c´est vraiment du dessert travaillé, du crémeux, des mousses, du croustillant. Prenons l´exemple lorsque vous allez chez un pâtissier de boutique vous voyez des « entre mèches », moi mon rôle serait de déstructurer ces « entre mèches» avoir les mêmes goûts mais sur des formes différentes, jouer sur les textures, les choses que les pâtissiers de boutique ne peuvent pas forcément faire.

Vous êtes pâtissier Français et vous vivez de l´autre côté du lac Léman en France. Je suppose que vous avez déjà eu des contacts avec des Africains ou des personnes d´origine africaine… Comment cela s´est passé ?

Généralement bien. Les premiers avec qui j´ai eu des contacts, c´est quand je travaillais à l´auberge de Vouvry. C´était les plongeurs du restaurant qui venaient du Cap-Vert. Ils étaient très sympathiques. Ils nous avaient invités à faire un repas avec eux un weekend chez eux. On était 3 occidentaux invités, assis sur les chaises autour des tables à leur terrasse et eux ils faisaient à manger. Pour nous par habitude, on attend pour manger mais eux ils disaient allez-y, mangez, mangez. C´est pas la même culture mais c´est sympathique de voir autre chose.

Qu´est-ce que vous appréciez ou n´appréciez pas chez les Africains particulièrement ?

Je pense que c´est plus sur la personne que sur l´origine de la personne que je jugerais. Qu´elle soit africaine, européenne ou asiatique, il y a des gens bien partout. Ce qui est important pour moi c´est la manière de se comporter.

Avez-vous des activités extraprofessionnelles, j´ai vu que vous êtes aussi un fan des motos. Avez-vous d´autres activités ?

J´aime tout ce qui touche à l´art, la sculpture sur glace que je pratique et que j´apprécie beaucoup. J´aime aussi les visites, l´histoire, le sport en général. Je pratique l´équitation, le fitness, je suis assez ouvert à beaucoup de choses.

Quel réponse donnez-vous aux Suisses qui n´aiment pas les frontaliers, qui disent que les frontaliers viennent prendre leurs boulots ?

Je dirais que c´est un jugement qui est très rapide. Par exemple parce que le travail que je prends ce n´est pas un travail qui est pris par un Suisse donc j´en joins à n´importe quel Suisse à pouvoir faire ce métier. Je vois par exemple, il y a 4 ans l´équipe Suisse avait été sélectionnée pour participer à la coupe du monde de pâtisserie. Dans l´équipe on était deux Français et une Suissesse. La Suissesse avait été éliminée en chemin et du coup, vu qu´on n´avait pas d´autres Suisses dans l´équipe et qu´on n´avait pas réussi à trouver d´autres Suisses pour pouvoir continuer cette expérience, on trouvait des Français sans problème mais les Suisses pas ; et sans Suisse on ne pouvait pas continuer l´expérience dans l´équipe Suisse. Donc j´ai envie de dire que non, on ne prend pas le travail d´un Suisse, ce sont des métiers avec des postes vacants et sans la manne frontalière et les personnes qui s´expatrient pour vivre en Suisse, il n´y aurait pas assez de personnes pour faire ces métiers-là. C´est comme aussi dans le domaine de la santé par exemple.

Un dernier mot pour le magazine Afrique Opinion qui se développe…

Je lui souhaite tout le meilleur, qu´il continue à se développer et à aller de l´avant. Je pense que ce magazine a du mérite car il ouvre les yeux à beaucoup de personnes et je vous souhaite bonne continuité.

Merci Durand de nous avoir accordé de votre temps et à bientôt sur Afrique Opinion

Merci.

Propos recueillis par Merlin Tchouanga

 

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